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Pourquoi apprendre alors que l'ignorance est instantanée ?Bill Watterson

 
 

mercredi, mai 26 2010

Quelques explications à propos de mon compte Facebook

Ce billet est destiné à mes amis virtuels du réseau social Facebook. En effet, vu le contenu de mon compte sur celui-ci, je pense que je leur dois quelques explications.

Comme vous l'aurez remarqué mon profil me sert de moyen de propagande pour différentes causes que je trouve justes et importantes pour l'avenir de notre société. Le dénominateur commun de tous les messages et liens postés sur Facebook est « la Culture Libre ». La culture s'entend ici au sens large du terme, elle englobe donc tous les savoirs et publications scientifiques, logiciels informatiques, algorithmes mathématiques, au même titre que les créations littéraires ou artistiques de toutes formes. Vous vous demandez maintenant très certainement, mais qu'est-ce que peut bien donc signifier le terme « Libre » accolé à la culture ? Pour faire simple, prenons un exemple : supposons que j'aie une pomme, alors que vous n'en ayiez pas. Si je vous la donne, je ne pourrais plus la manger, si je la garde vous ne l'aurez pas. On parle ici de bien rival, comprenant donc tous les objets physiques qui nous entourent. Au contraire de la pomme, si j'ai une idée – dans le sens élargi, cela pourrait être un poème, une chanson, une expérience scientifique, un logiciel, un théorème, … – et que je vous l'explique, vous aurez ensuite la même idée en tête. Moyennant le temps, et le coût éventuel pour vous transmettre mon idée, nous avons dupliqué celle-ci, et nous pouvons désormais l'utiliser simultanément sans aucune rivalité. Pour résumer cet exemple, les biens physiques sont des biens rivaux dont la jouissance est limitée par leur disponibilité. À l'opposé, tout ce qui fait partie de la « Culture » mentionnée ci-dessus fait partie des biens non-rivaux, qui, lorsqu'on les partage, contre rémunération ou non, génère forcément des copies.

En partant de ce fait, et en observant qu'Internet n'est rien d'autre qu'une gigantesque machinerie permettant de copier de la culture, à un coût négligeable, il n'est pas justifiable de :

  • restreindre l'accès à la connaissance
  • d'interdire les copies et le partage d'informations avec son voisin
  • de créer artificiellement de la rareté par l'usage de restrictions numériques ou toutes formes de censures

La Culture Libre agit pour l'égalité en droits des Hommes face à la connaissance et aux œuvres de l'esprit qui en découlent. Une œuvre libre possède quatre libertés fondamentales [1] :

 1. La liberté d'utiliser l'œuvre pour tous les usages ;
2. La liberté de la copier et de diffuser des copies ;
3. La liberté de l'étudier ;
4. La liberté de la modifier et de diffuser des copies de l'œuvre résultante.

Gardez en tête que l'expression « libre » ne fait pas référence au prix mais à la liberté d'utilisation : « libre parole », mais pas « entrée libre ». Le Libre n'est pas non plus anti-merchantilisme. Toutefois les règles ci-dessus implique un nouvel ordre économique, elles impliquent une nouvele forme de compétition qui n'est plus basée sur des monopôles absolus sur les créations culturelles. Les situations de coopétition qui en découlent sont profitables à nous tous, et non aux énormes multinationales. C'est pour cette dernière raison que « le Libre » et combattu avec autant d'ardeur par les plus gros acteurs des marchés de la culture (Disney, Microsoft, Apple, Sony, Adobe, …). J'espère qu'avec votre aide la récente invention des monopoles sur la culture, apparu avec l'imprimerie au XVIe siècle, disparaîtra et ne sera qu'une petit écart temporaire. En effet, la culture ne peut se développer qu'à travers les échanges au sein d'une communauté.

Source :

[1] Quelques phrase de cet article sont tirée de l'article « Culture Libre », qui est un est un des plus impressionant exemples de cette dernière.

Pour aller plus loin

Voilà les thèmes abordés dans mes messages :

  • Logiciels libres : un logiciel n'est rien d'autre qu'un algorithme, il n'est donc pas acceptable que sont usage restreigne une des libertés fondamentales citées ci-dessus.
  • Propriété intellectuelle : On ne devrait pas utiliser ce terme, car, comme démontré plus haut n'importe quelle idée ne peut qu'être copiée. Une fois expliquées, elle appartient aussi à l'autre personne. À ce sujet, j'aime bien la citation suivante : « La propriété de la pensée ! Autant vaudrait dire la propriété de l’air renfermé dans le ballon que je tiens dans ma main. L'ouverture faite, l'air s’échappe; il se répand partout, il se mêle à toutes choses: chacun le respire librement. Si vous voulez m'en assurer la propriété, il faut que vous me donniez celle de l'atmosphère: le pouvez-vous ? » Louis Blanc
  • Interopérabilité : Si un logiciel ou un produit numérique a une fonction utile, elle mérite de pouvoir intéragir avec n'importe quel autres logiciels, sans restriction d'accès ou de mise en œuvre. Les données produites doivent être disponible dans un format ouvert.
  • Brevets : L'utilisation actuelle des brevets n'encourage pas la recherche, comme vanté par les offices des brevets et grosses entreprises, mais elle permet la création de monopole et d'empêcher la concurrence. Un système de brevet non bloquant, c'est à dire utilisable par tous, mais donnant droit sur un court laps de temps à des revenus annexes sur les produits des concurents, pourrait encourager la recherche et favoriser la compétition économique.
  • Logiciels propriétaires (ou privateurs) : l'opposé des logiciels libres, qui privent l'utilisateur d'une, de plusieurs ou de toutes les libertés fondamentales. On parle de logiciels privateurs, car ils vous privent de vos libertés fondamentales.
  • Liberté de paroles, droit de lire, droit à Internet : La démocratie est basée sur la liberté des individus, celle-ci passe par le droit à dire ce que l'on pense, par le droit d'accéder à l'information. Internet est donc fondamental en soi.
  • Creative Commons ou CC : licences pour œuvres libres (attention toutes ces licences ne sont pas libres)

Rien à voir :

  • Sphère privée : J'en parle plutôt pour vous informer des dangers à ce sujet. Une règle d'or à ce sujet, n'écrivez rien sur Internet que vous ne voudriez pas voir figurer sur votre tombe.
  • Dvorak : La disposition de clavier que j'utilise.

dimanche, octobre 26 2008

Mobilisation Générale

Le soldat, paquetage complet au dos, marchait d'un pas grave pour rejoindre son point de rassemblement en pensant que jamais durant son école de recrue, il n'aurait imaginé se retrouver devant une telle situation. Autour de lui, quelques dizaines d'hommes, venant de tous les coins du pays, se dirigeaient au même endroit. À peine arrivé, le voilà déjà en train de toucher son matériel personnel : tenue de camouflage, veste d'hiver, combinaison de protection chimique intégrale, et, bien entendu, une ration de survie. Tout cet équipement lui servira lors de sa rencontre avec l'Ennemi. Sur la place d'arme, flotait un drapeau rouge à croix blanche, rappelant aux hommes pourquoi ils étaient venus aujourd'hui, au-dessous de celui-ci retentissaient les ordres des différents officiers. Dans un semblant d'ennuis, la section d'une vingtaine d'hommes, à laquelle appartenait désormais le soldat, contrôlait consciencieusement les paquetages selon les indications de leur supérieur hiérarchique. Chaque homme se souvenait déjà péniblement, que le jour d'avant, il était encore à son poste d'ingénieur, de technicien, d'informaticien, ou alors assis à l'université pour continuer sa formation. Tous pensaient également à leurs familles et amis restés fidèlement à leur poste pour maintenir l'économie du pays en place en ces difficiles jours, mais voilà, ils avaient été mobilisés et avaient obéis aux ordres de marche.

Un peu plus tard, alors que le nombre d'hommes sur la place avait considérablement augmenté avec les derniers arrivants, on fit se rassembler les quelques centaines de soldats. La compagnie écoutait maintenant attentivement le discours d'encouragement du chef de leur unité. On leur parlait de la volonté et de l'engagement dont ils allaient devoir faire preuve devant l'Ennemi, de la solidarité nécessaire pour aider leurs camarades, s'il devait arriver quelque chose de tragique, de la confiance que l'on mettait en eux et qu'ils devaient posséder, et, tel un jour de jugement dernier, on leurs parlait de religion et de purgatoire. La suite de la journée fût occupée par la préparation pour l'arrivée prochaine de l'Ennemi; tout devait être prêt pour l'accueillir de la meilleure façon. Rien n'était laissé au hasard, on s'assura que chaque homme avait son matériel paré à toutes éventualités, qu'il en connaissait chaque pièce, et était capable de s'en servir.

Le nuit tombée, pour motiver les troupes, on leur servit un plat sortant de l'ordinaire pour un cadre militaire : une fondue. Celle-ci représentait le symbole de leurs valeurs communes, celles qu'ils devraient défendre devant l'Ennemi. Autour de la conviviale fondue, les hommes oublièrent, pour quelques instants la situation dans laquelle ils se trouvaient, et ils discutèrent à vives voix de leur vie d'avant. Suite à ce dernier repas, partagé telle la Sainte Cène, les sections se rendirent dans leur cantonnement respectif pour y passer la nuit.

Cinq heure, diane : le sergent major, avec la précision d'un coucou suisse, poussa énergiquement les portes des chambres et y alluma les lumières pour réveiller les hommes encore profondément assoupis. La nuit fût courte, mais les préparatifs pour être en mesure de recevoir au mieux l'Ennemi étaient encore nombreux. Dans la fraîcheur matinale, les soldats, en rang par deux, se rendirent dans un autre bâtiment pour prendre rapidement leur petit déjeuner. Un peu plus tard, sur la place d'arme, le soldat prit un instant pour observer l'horizon, où, pointaient les silhouettes des majestueuses montagnes, sur lequelles les rayons de soleil, tels des pinceaux d'artiste, mélangeaient leurs couleurs rouges orangées sur les nuages déjà bien présents dans le ciel. La compagnie s'entraîna et se prépara sans relâche toute la matinée, les hommes savaient que l'Ennemi allait arriver d'un moment à l'autre. La tension ambiante était matérialisée par le ciel, qui devenait de plus en plus menaçant; l'épaisse couche de nuages qui s'était formée s'abaissait progressivement, masquant complètement l'horizon. Le vent s'était aussi levé, soulevant au passage, la multitude de feuilles mortes jonchant le sol. La nature semblaient signaler aux hommes que la fin était proche.

Une fois le casse-croûte de midi dévoré, les ultimes recommandations tombaient, pour s'assurer qu'ils étaient bien prêt pour affronter l'Ennemi on fit encore répéter aux soldats machinalement tous les gestes enseignés. Quelques problèmes minimes furent encore réglés dans le seul bruit métallique de soldats courant avec tout leur équipement de guerre.

Soudain, les dernières nouvelles arrivèrent : l'Ennemi avait atteint les portes, on aligna donc les soldats inquiets qui tentaient de se souvenir de tous les détails appris. Le ciel était prêt à s'effondrer sur les casques des soldats; la tension était à son comble. Désormais, ils voyaient l'Ennemi. L'Ordre fusa : Compagnie, GARDE À VOUS !; puis, le Divisionnaire inspecta la troupe durant une petite dizaine de minutes, qui parurent une éternité pour les hommes qui n'étaient plus habitués à une telle position inconfortable.

Comme pour clore la scène, un rideau de pluie descendit sur la place d'arme. Compagnie, REPOS ! ordonna le capitaine, mettant fin au spectacle.

Toutes ressemblances avec des faits et des personnes réels pourraient ne pas être entièrement fortuites

mercredi, août 6 2008

De retour dans mes montagnes

Voilà une semaine que je suis de retour chez moi. Je regrette de ne pas avoir eu le temps de partager plus en temps réel mon voyage avec vous, il y avait bien plus à voir et à faire loin d'Internet !

Contrairement à mon premier billet, nous ne sommes malheureusement pas allé à Istanbul pour nous éviter de faire de trop long trajet en train et pour pouvoir prendre plus de temps pour découvrir les places où nous nous sommes arrêtés. Comme vous l'avez découvert dans mes billets précédents, nous avons tout d'abord passé un après-midi à Venise. Ensuite, nous avons visité Budapest, puis nous nous somme rendu en Transylvanie à Braşov. Suite à cela, nous avons fais quelques jours de farniente sur les pages de la Mer Noire à Constanţa. Durant les jours suivants, nous sommes passé par Sofia et Athènes. À Athène, ma chère compagne de voyage a pris la voie des airs pour retourner dans son beau pays. J'ai donc continué, comme prévu, tout seul mon périple de retour en passant par Patras, Ancône, Bologne, Rome et Florence. Tout comme durant les deux premières semaines, j'ai rencontré un grand nombre de voyageurs de tous les continents, ce fût une expérience vraiment enrichissante. J'ai vu de magnifiques choses que je vous invite à découvrir dans ma galerie de photos.

J'ai volontairement fais très très bref, car je ne pense pas que les faits revêtent une grande importance, et je préfère vous faire découvrir quelque unes de mes notes de voyage.

Rails en Roumanie

Le temps passe. Et chaque fois qu'il y a du temps qui passe, il y a quelque chose qui s'efface. Jules Romains

Écris dans le train entre Bucarest (Bucureşti) en Constanţa :

Il faut s'armer de patience, beaucoup de patience. Le train avance au pas sur des centaines de kilomètre dans les plaines sèches de Roumanie. On y croise d'autres temps, deux bergers déplaçant leurs moutons, une usine soviétique désaffectée, un quai que personne n'a entretenu depuis la chute du mur ... ce genre de visions continuent :

  • un train complet rouillé
  • un troupeau de cinq vaches toutes plus maigres les unes que les autres
  • un paysan à des lustres de toutes habitations avec son seul cheval
  • un drapeau européen flottant à une gare au dessus d'un quai en chantier où "travaillent" une dizaine d'ouvriers désœuvrés
  • une gare de triage de wagons semblant figés à leurs voies depuis des décennies
  • un homme seul travaillant dans les décombres d'une maison en bordure de voie
  • d'énormes nuages de poussière soulevés par les véhicules sur les routes sans asphalte
  • d'innombrables voies de chemin de fer disparaissant entre les herbes sèches
  • une vieille femme sur une charrette de débris de bois tirée par un cheval devant deux villas flambant neuves
  • la pointe d'un minaret à côté d'une église en construction
  • des lignes aériennes distendues surplombant un cimetière de rails rouillés officiant de tombeau pour toutes sortes de wagons de marchandises ...

Nous sommes pourtant toujours en Europe, ces images semblent pourtant si peu familières. La seule marque de modernité apparente est la multitude de lignes électriques sillonnant les champs et vignes de l'endroit.

Anachronisme au passage à niveau

Par la suite, mes observations m'ont conduit à observer la manière dont les gens se comportent face au temps qui passe.

Que de temps perdu à gagner du temps ! Paul Morand

Plus nous avançons, plus il me semble que nous remontons le temps. Le train date de la conquête de l'espace. Les gares semblent tomber en ruines à côté de cimetière de wagons.

Le temps semble s'écouler à un autre rythme, parfois, il semble même rester figé, comme par exemple lors de notre arrêt forcé à Ruse pour réparer notre train. Les voyageurs locaux n'ont pas l'air affecté par la manière dont les heures s'égrainent. Certains regardent dehors, d'autre fument un cigarette sur le quai, seuls les touristes paraissent dérangés, ce sont les seuls à regarder leur montre à quartz. L'image serait tellement différente si cela se produisait en Suisse. Les passagers stressés et irrités seraient tous suspendus à leur téléphone mobile pour informer collègues, patron, amis et familles du retard de leur moyen de transport. Je pense que le rapport au temps est totalement différent ici. J'en viens à vivre comme les gens du coin : ne pas être affecté par un retard, ne pas me demander ce que je ferais dans les heures qui viennent. J'apprends à vivre simplement le moment présent; durant le trajet, ce fût en écoutant différentes musiques, en lisant ou en observant durant des kilomètres les paysages défilant au rythme des voies. Ces derniers jours m'on montré que de vivre sans heure est très reposant et agréable. L'essentiel, telle une belle image d'un paysage ou d'un monument, un peu de repos, un sourire ou quelques mots échangés avec d'autres voyageurs ont, par exemple, suffit à occuper les quinze heures de trajet de la journée. Je vais essayer de prendre avec moi un peu de cette magie ralentissant le temps , je pourrais en faire bon usage à mon retour.

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