Ce billet est destiné à mes amis virtuels du réseau social Facebook. En effet, vu le contenu de mon compte sur celui-ci, je pense que je leur dois quelques explications.
Comme vous l'aurez remarqué mon profil me sert de moyen de propagande pour différentes causes que je trouve justes et importantes pour l'avenir de notre société. Le dénominateur commun de tous les messages et liens postés sur Facebook est « la Culture Libre ». La culture s'entend ici au sens large du terme, elle englobe donc tous les savoirs et publications scientifiques, logiciels informatiques, algorithmes mathématiques, au même titre que les créations littéraires ou artistiques de toutes formes. Vous vous demandez maintenant très certainement, mais qu'est-ce que peut bien donc signifier le terme « Libre » accolé à la culture ? Pour faire simple, prenons un exemple : supposons que j'aie une pomme, alors que vous n'en ayiez pas. Si je vous la donne, je ne pourrais plus la manger, si je la garde vous ne l'aurez pas. On parle ici de bien rival, comprenant donc tous les objets physiques qui nous entourent. Au contraire de la pomme, si j'ai une idée – dans le sens élargi, cela pourrait être un poème, une chanson, une expérience scientifique, un logiciel, un théorème, … – et que je vous l'explique, vous aurez ensuite la même idée en tête. Moyennant le temps, et le coût éventuel pour vous transmettre mon idée, nous avons dupliqué celle-ci, et nous pouvons désormais l'utiliser simultanément sans aucune rivalité. Pour résumer cet exemple, les biens physiques sont des biens rivaux dont la jouissance est limitée par leur disponibilité. À l'opposé, tout ce qui fait partie de la « Culture » mentionnée ci-dessus fait partie des biens non-rivaux, qui, lorsqu'on les partage, contre rémunération ou non, génère forcément des copies.
En partant de ce fait, et en observant qu'Internet n'est rien d'autre qu'une gigantesque machinerie permettant de copier de la culture, à un coût négligeable, il n'est pas justifiable de :
- restreindre l'accès à la connaissance
- d'interdire les copies et le partage d'informations avec son voisin
- de créer artificiellement de la rareté par l'usage de restrictions numériques ou toutes formes de censures
La Culture Libre agit pour l'égalité en droits des Hommes face à la connaissance et aux œuvres de l'esprit qui en découlent. Une œuvre libre possède quatre libertés fondamentales [1] :
1. La liberté d'utiliser l'œuvre pour tous les usages ;
2. La liberté de la copier et de diffuser des copies ;
3. La liberté de l'étudier ;
4. La liberté de la modifier et de diffuser des copies de l'œuvre résultante.
Gardez en tête que l'expression « libre » ne fait pas référence au prix mais à la liberté d'utilisation : « libre parole », mais pas « entrée libre ». Le Libre n'est pas non plus anti-merchantilisme. Toutefois les règles ci-dessus implique un nouvel ordre économique, elles impliquent une nouvele forme de compétition qui n'est plus basée sur des monopôles absolus sur les créations culturelles. Les situations de coopétition qui en découlent sont profitables à nous tous, et non aux énormes multinationales. C'est pour cette dernière raison que « le Libre » et combattu avec autant d'ardeur par les plus gros acteurs des marchés de la culture (Disney, Microsoft, Apple, Sony, Adobe, …). J'espère qu'avec votre aide la récente invention des monopoles sur la culture, apparu avec l'imprimerie au XVIe siècle, disparaîtra et ne sera qu'une petit écart temporaire. En effet, la culture ne peut se développer qu'à travers les échanges au sein d'une communauté.
Source :
[1] Quelques phrase de cet article sont tirée de l'article « Culture Libre », qui est un est un des plus impressionant exemples de cette dernière.
Pour aller plus loin
Voilà les thèmes abordés dans mes messages :
- Logiciels libres : un logiciel n'est rien d'autre qu'un algorithme, il n'est donc pas acceptable que sont usage restreigne une des libertés fondamentales citées ci-dessus.
- Propriété intellectuelle : On ne devrait pas utiliser ce terme, car, comme démontré plus haut n'importe quelle idée ne peut qu'être copiée. Une fois expliquées, elle appartient aussi à l'autre personne. À ce sujet, j'aime bien la citation suivante : « La propriété de la pensée ! Autant vaudrait dire la propriété de l’air renfermé dans le ballon que je tiens dans ma main. L'ouverture faite, l'air s’échappe; il se répand partout, il se mêle à toutes choses: chacun le respire librement. Si vous voulez m'en assurer la propriété, il faut que vous me donniez celle de l'atmosphère: le pouvez-vous ? » Louis Blanc
- Interopérabilité : Si un logiciel ou un produit numérique a une fonction utile, elle mérite de pouvoir intéragir avec n'importe quel autres logiciels, sans restriction d'accès ou de mise en œuvre. Les données produites doivent être disponible dans un format ouvert.
- Brevets : L'utilisation actuelle des brevets n'encourage pas la recherche, comme vanté par les offices des brevets et grosses entreprises, mais elle permet la création de monopole et d'empêcher la concurrence. Un système de brevet non bloquant, c'est à dire utilisable par tous, mais donnant droit sur un court laps de temps à des revenus annexes sur les produits des concurents, pourrait encourager la recherche et favoriser la compétition économique.
- Logiciels propriétaires (ou privateurs) : l'opposé des logiciels libres, qui privent l'utilisateur d'une, de plusieurs ou de toutes les libertés fondamentales. On parle de logiciels privateurs, car ils vous privent de vos libertés fondamentales.
- Liberté de paroles, droit de lire, droit à Internet : La démocratie est basée sur la liberté des individus, celle-ci passe par le droit à dire ce que l'on pense, par le droit d'accéder à l'information. Internet est donc fondamental en soi.
- GNU/Linux : voir logiciels libres
- Creative Commons ou CC : licences pour œuvres libres (attention toutes ces licences ne sont pas libres)
Rien à voir :
- Sphère privée : J'en parle plutôt pour vous informer des dangers à ce sujet. Une règle d'or à ce sujet, n'écrivez rien sur Internet que vous ne voudriez pas voir figurer sur votre tombe.
- Dvorak : La disposition de clavier que j'utilise.
Et vous quel logiciel privateur utilisez-vous encore ? Est-ce bien utile ? N'y a-t-il aucune alternative libre ?
