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Une des choses remarquables de la vie, c'est que rien ne va jamais tout-à-fait mal. Tout peut toujours empirer.Bill Watterson

 
 

jeudi, octobre 11 2007

L’elodrado suisse, bientôt plus qu’un souvenir ?

La campagne électorale faisant rage en Suisse, je pense que vous avez tous entendu parler des troubles qui se sont produits à Berne. Même si en absolu, les dégâts et le nombre de personnes impliquées restent faible, l’image de la Suisse se voit assez fortement touchée dans la presse mondiale.
Pour vous en convaincre, je vous invite à lire l’article du New York Times sur les émeutes de Berne : “Immigration, Black Sheep and Swiss Rage“. Celui-ci commence par décrire le poster de l’UDC avec les trois moutons blancs sur le drapeau suisse qui chasse le mouton noir. Ensuite, on y lit malheureusement correctement, que l’UDC est le parti majoritaire de notre pays. Après un bref rappel des faits de samedi :

On Saturday, a march of several thousand SVP supporters in Bern ended in clashes between hundreds of rock-throwing counterdemonstrators and riot police officers, who used tear gas to disperse them.

On trouve les points forts de la campagne de l’UDC, ainsi qu’une description sur ses prochaines initiatives. Par exemple traitant des criminels étrangers, où l’on insiste bien sur le fait que l’initiative demande de pouvoir refouler des familles entières et que cela irait à l’opposé des droits de l’homme. On revient aussi sur l’initiative anti-minarets qui avait déjà bien porté atteinte à notre image dans le monde arabe.

Si tout s’arrêtait là, on pourrait presque dire ouf, mais suivent encore des faits historiques récent, telle la votation pour la naturalisation facilitée, avec la campagne choc de l’UDC valaisanne figurant des passeports avec la photos de l’ennemi numéro un outre-atlantique. Mais le pire, à mon avis, c’est bien la mini interview d’un immigré qui est parfaitement intégré mais qui se voit traiter assez sèchement à chaque contrôle de police… on nous montre bien, et il le dit lui même qu’on lui fait sentir que l’on ne veut pas de lui ici. Pourtant, comme le mot de la fin le souligne :

[…] the SVP campaign has begun to have a ripple effect, shaking the image of Switzerland as a place of prosperity, tranquillity and stability — particularly for doing business.

C’est bien notre image à l’étranger qui fait notre force et ce sont les exportation qui font la force de notre économie. C’est justement pour cela que j’ai écris cet article. Maintenant, à vous de juger de la gravité de la situation, et, à vous amis suisses : à vous d’élire vos conseillers nationaux…

jeudi, septembre 6 2007

Les socialistes contre le nucléaire

PS nucléaireSans ajouter de grands commentaires, je souhaiterais souligner l’intelligence redoutable de la nouvelle campagne du parti socialiste suisse contre l’énergie nucléaire. On y voit, comme vous le constatez, un avion s’écrasant sur une centrales nucléaire, … oui, enfin sur une cheminée de refroidissement, surement parce que cela fait plus Hollywoodien, surtout agrémenté de ce slogan :

Le débat est lancé !
Le PS montre clairement quels sont les risques atomiques.

Mais intéressons nous un peu plus au fond de leur communiqué de presse, où nous y lisons :

L’énergie nucléaire est inutile car les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique sont en mesure d’assurer notre approvisionnement à long terme.

Or, d’après les sources officielles, en Suisse la consommation électrique correspond à environ 25% de la consommation énergétique totale, dont les 42% sont fournis par nos 5 réacteurs nucléaires. Soit dit en passant, seul deux d’entre eux sont équipés d’une tour de refroidissement, donc, en prenant l’affiche du parti socialiste à la lettre, on peut en déduire que le risque est déjà bien diminué.

Plus sérieusement, je me demande, si pour promouvoir les énergies renouvelables et l’amélioration de l’efficacité énergétique, il est vraiment nécessaire de passer par le refus catégorique du nucléaire à la manière des socialistes :

Les centrales nucléaires représentent une menace inacceptable pour la population et l’environnement.

mercredi, août 8 2007

TSR Moncinéma : Web 2.0 ou Esclavage 2.0 ?

Selon ses propres informations, la Télévision Suisse Romande (TSR) vient de lancer un site de partage de vidéos en ligne : MonCinema.ch. Le but de celui-ci ne sera pas de concurrencer le fameux YouTube, mais selon leurs propres termes : «Nous privilégions la démarche artistique et recherchons des œuvres avec un vrai projet éditorial». En effet, les meilleures films seront sélectionnés par un jury pour être ensuite diffusés à la télévision. Tout pourrait sembler pour le mieux dans le meilleur des mondes : les artistes disposent d’une plate-forme pour diffuser leurs œuvres et se faire connaitre du public, et en plus s’ils sont doué auront même le droit d’être diffusé sur la petite lucarne.

En fait, j’use d’un abus de langage, car ils ne seront pas diffusé, mais ce sera plus exactement le montage dont ils auront cédé l’intégralité des droits à la TSR qui sera présenté. Effectivement, d’après les conditions générales d’utilisations de ce site :

En choisissant d’utiliser le site web de la TSR, l’utilisateur déclare avoir pris connaissance et avoir accepté expressément et sans réserve les termes et conditions des présentes conditions générales.

Jusque là rien de méchant, c’est un début habituel d’un contrat d’utilisation de service, mais demandons, nous quelles genres de closes l’on va accepter en s’inscrivant :

3.7 Cession de droits

Les messages textes, audios et vidéos ainsi que tous autres contenus communiqués par l’utilisateur à la TSR doivent être libres de tout droit et sont transmis à la TSR sous la seule et entière responsabilité de l’utilisateur.

L’utilisateur cède à la TSR, sans restriction aucune et sans limite de temps ni de lieu, tous les droits afférant aux messages textes, audios et vidéos ainsi qu’à tous autres contenus qu’il communique à la TSR, notamment les droits d’auteur, les droits voisins ainsi que les droits à l’image. Par conséquent, l’utilisateur autorise gracieusement la TSR à utiliser librement les messages et autres contenus qu’il communique à la TSR, seuls ou incorporés dans toute production audiovisuelle, notamment aux fins de diffusion en radio ou en télévision par tous modes de transmission actuels ou futurs (notamment par voie hertzienne terrestre analogique ou numérique, par câble et par satellite), de reproduction sur tout support de données (phonogramme, vidéogramme ou autre), de représentation, d’adaptation, de diffusion en webcasting ou en simulcasting ou de mise à disposition à la demande avec ou sans téléchargement par tous systèmes et sur tous réseaux y compris Internet, en tout format, à titre commercial ou non commercial, dans le monde entier et pour une durée illimitée.

Donc, nous prenons acte que tous ce qui sera transféré sur ce service devient propriété intégrale sans restrictions, ni limite de temps de la TSR. Celle-ci n’est donc même pas tenue de citer l’auteur du film, bon, on admettra qu’elle ne le fera pas, car ça irait à l’encontre du projet initial, mais rien ne pourrait l’en empêcher. Deuxièmement, il n’y a pas de limite de temps, or en Suisse, le droit d’auteur stipule qu’une œuvre matérielle ou non, est protégée durant 70 ans après le décès de l’auteur (chap. 6 art. 29 b). Le pauvre artiste ne pourra donc plus récupérer sa création, même en attendant très longtemps…
Le plus intéressant est à venir :

4. Propriété intellectuelle

La TSR est propriétaire exclusif de tous les droits de propriété intellectuelle tant sur la structure que sur le contenu du site de la TSR, ou a acquis régulièrement les droits permettant l’exploitation de la structure et du contenu du site.

En particulier, tout élément reproduit sur le site de la TSR, de quelque nature qu’il soit (textes, images, sons, photos, vidéos, musiques, données, logos, marques, logiciels, etc.), est protégé par les droits de la propriété intellectuelle et est
la propriété exclusive de la TSR et/ou de ses partenaires.

Par conséquent, toute reproduction (y compris par téléchargement, impression etc.), représentation, adaptation, modification, traduction, transformation, diffusion, intégration dans un autre site, exploitation commerciale ou non, et/ou réutilisation de quelque manière que ce soit de tout ou partie des éléments reproduits sur le site de la TSR est strictement interdite sans l’autorisation préalable et écrite de la TSR.
[…]

Donc, même si vous êtes l’auteur d’un des films, vous ne pourrez plus en disposer, même pour en créer des dérivés, puisque vous avez cédé les droits à la TSR, et que celle-ci, comme tout organe de diffusion se réserve tous les droits sur les contenus mis à disposition du public.

En conclusion, il faut alors se demander si le jeu en vaut la chandelle. En effet, pour ces artistes en herbe la création d’un court-métrage demande beaucoup d’investissement en temps et en motivation; la très éventuelle possibilité d’être diffusé à la télévision ne couvre sûrement pas, à mon avis, la cession de tous les droits sur le film réalisé. Nous ne sommes donc pas en face d’un service web 2.0 dévoué aux nouveaux talents, mais plutôt devant une nouvelle forme d’esclavage 2.0 (lire ici, ou ici) , où les consommateurs créent de la valeur (immatérielle) pour une société tierce… J’invite donc les artistes à diffuser leurs créations par leur propres moyens plutôt que d’aliéner leurs réalisations à un site de ce genre.

Vive la culture libre !

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